Une conversation avec Satoshi Ishijima
Après plus que dizaine d'année à Tokyo, Satoshi Ishijima a démenagé à Toyama, son pays natal. La décision est fait en parti pour lui promettre de revenir à ses racines, mais aussi pour repenser profondement à sa façon de travailler. Dans son vaste atelier de plus de 100 mètres carrés qui était jadis un entrepôt, Ishijima a crée quelque chose d'inhabituel: un environnement créatif où vie personnelle et vie professionnelle se confondent.

Sa collection vintage, ses créations actuelles, ses pièces d'archives et même sa salle de sport se partagent le même espace, permettant un dialogue visuel permanent avec son œuvre.
"Je vis au milieu de mes designs," explique-t-il. Cet environnement immersif lui a permis d’améliorer son équilibre entre vie professionnelle et vie privée et, selon lui, a donné plus de sens à ses produits. Bien qu’il apprécie toujours l’énergie créative et commerciale de Tokyo, où il a vécu pendant plusieurs années, c’est désormais Toyama qui est devenue sa véritable source d’inspiration.
Cette intention se manifeste partout dans sont créative. Nous lui avons demandé pourquoi il se spécialisait dans les vestes de motard britanniques plutôt que celles du style américains qui dominent la culture vintage japonaise et sa réponse a révélé une philosophie bien considérée. Il se concentre à des période spécifiques plus que sur la géographie. Le style britannique lui offrait quelque chose différente: une culture raffinée de la moto à la campagne, opposée à l'esthétique « Easy Rider », plus brute et rebelle, qui a marqué la culture motarde américaine.
le cuir de mouton plus fin et plus souple, très prisée en Grande-Bretagne, était également nettement plus chaude que les autres cuirs.Son choix des matières premières reflète la même réflexion. Ishijima travaille délibérament avec des tanneries moins connues. Il se compare à un chef qui élabore des recettes authentiques à partir d’ingrédients hors des sentiers battus. Les gens achetent sûrement du bœuf Kobe parce qu'ils savent déjà à quoi s'attendre, explique-t-il. Il souhaite créer de nouvelles recettes à partir d'ingrédients qui n'ont pas encore été explorés de manière approfondie.
Cette philosophie se trouve dans sa fabrication des bottes. Quand nous avons parlé de la différence entre la fabrication des veste et celle des bottes, il nous a expliqué que les processus de fabrications étaient étonnament similaires. Certains cuirs conviennent naturellement mieux aux bottes qu'aux vestes, mais c’est la même philosophie qui anime les deux. Le souci du détail dans la confection, la sélection rigoureuse des matières premières, l’attention particulière portée à la façon dont les pièces vont patiner et acquérir du caractère au fil du temps. Que l’on porte sa veste ou ses bottes, on ressent le même engagement envers l’artisanat. »
Récemment, ses créations ont été la seule marque japonaise présentée au Boot Camp, un salon professionnel
de Chicago, où elles ont été accueillies avec enthousiasme. Il ne sait toujours pas vraiement pourquoi on l’a choisi pour ce salon, mais cette expérience a renforcé une conviction qu’il a toujours eue : quand on s’engage dans une vision précise et qu’on la concrétise en accordant une réelle attention aux détails, les gens reconnaissent cette authenticité.
Dans sa jeunesse, il passait tellement de temps à examiner des vêtements vintages dans les boutiques, que les vendeurs finissaient par s'impatienter. Aujourd'hui, on voit cette rigueur obsessionnelle se réfléchir dans chacune de ses créations, depuis son entrepôt de Toyama jusqu'aux riders du monde entier.